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DU TARMAC AU BIJOU
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Sables vivants
et le sable devint une matière noble
Texte : Aurore Chaffangeon
Photos : DR
Du sable appliqué sur tous les supports pour devenir tableau, tête de lit, frise, bijou, des motifs en relief tracés au laser ou au pochoir, une riche palette de couleurs… Les réalisations de Sablissime, imaginées par Abdellah Boukil, ont séduit le jury de Riad Art Expo 2009 qui lui a remis le Trophée Création.
Agglomérer le sable pour obtenir de la pierre reconstituée… Si la méthode a fait ses preuves pour construire des pistes d'atterrissage ou de Formule 1, elle n'avait encore jamais été employée pour la décoration. Trois années de recherches auront été nécessaires à Abdellah Boukil avant de déposer son brevet à l'Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale et de pouvoir donner libre cours à son imagination, qui est, comme il aime à le répéter, sa seule limite. Portraits de particuliers, signalétique d'hôtels, calligraphies en relief, encadrements de portes, luminaires… les déclinaisons sont multiples. Adellam Boukil parle « d'art technologique du sable, d'une rencontre entre la technologie et le travail manuel ». En fonction du motif choisi, le traçage se fera à l'aide d'un pochoir, dessiné au préalable par un infographiste, ou au laser. On appliquera alors le sable manuellement avant de le laisser sécher entre un et trois jours. Pour les motifs les plus délicats – certains possèdent la finesse de la dentelle –, la découpe au laser sera employée. Adaptable à tous les supports – fer, cuir, verre, plexi, bois, toile… – la technique permet d'obtenir un relief d'une douzaine de centimètres. Naturel ou décliné dans une cinquantaine de coloris, provenant de plusieurs régions du Maroc, le sable lui permet donc de déployer sa créativité pour des réalisations qui vont du revêtement de sol à la plus raffinée des calligraphies, avec des mesures pouvant avoisiner les trois mètres de longueur et les deux mètres de hauteur.
Rien pourtant ne prédestinait Abdellah Boukil à se lancer dans une telle entreprise. Natif de Marrakech, il a travaillé pendant près de vingt ans dans l'hôtellerie de luxe. Clef d'Or, il a officié à Paris à l'Hôtel du Louvre et à la Résidence du Roy. Dans sa ville natale, c'est aux côtés de grands noms de l'architecture et de la décoration – Bill Willis et Charles Boccara – qu'il participera à la création de l'Hôtel Tichka. Il ouvrira ensuite un café et un restaurant, travaillera dans l'immobilier, commercialisera des tissus d'ameublement… jusqu'à ce que lui vienne l'idée de travailler le sable.
« On ne soupçonne pas tous les bienfaits du sable. Ce n'est pas un hasard si des civilisations en sont nées, si l'on s'en sert dans les cures. Au Japon, un musée lui est même entièrement dédié », s'enthousiasme Abdellah Boukil. Son rêve ? Ce serait de créer un palais d'hôtes d'une dizaine de suites... tout en sable évidemment !

Un matériau et une technique qui permettent une grande souplesse d’expression

Des applications inattendues qui ont déjà séduit de prestigieuses enseignes

du tarmac au bijou
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